"Autoportrait aux mains blanches" |
Je n'ai pas de souvenir de moi sans crayon, pinceau ou pâte à modeler dans mes mains. J'avais six ans quand Vincent (Van Gogh), boulversa ma enfance : je serai peintre ou rien !
Cette expression, inhérente à mon mode de fonctionnement, je la revendique au même titre que l'écriture, comme un moyen de communication et de partage; c'est pour cette raison que j'ai refusé le cadre rigide et élégant des galeries d'art, des faux semblants et des cadres dorés, réservé à ce que j'appelle les "snobinards de l'art", plus branchés sur le discours du "concept" que sur l'émotion d'une oeuvre qui interpelle.
Révoltée et anticonformiste, je me suis abstraite de toute école et c'est avec une certaine ironie qu'après des années de recherches abstraites et non figuratives, j'ai repris en autodidacte l'apprentissage dur et âpre du dessin figuratif de 1991 à 1992 (avec un acharnement tout académique). Ce dessin, au fils du temps, je l'ai apprivoisé, maitrisant le trait et établissant au fur et à mesure une technique personnelle, je m'en suis fait un allier...
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Mon inspiration, je la puise dans les courants de pensée humanistes et philosophiques, ainsi que des écrits et travaux de plasticiens, poètes et écrivains qui ont su par leur expression particulière sublimer les états d'âme.
je pense à Vincent Van Gogh ( mon premier amour), Klee, Egon Schiele, Toulouse-Lautrec, Camille Claudel, Tangui, Picasso, Rimbaud, Villon, Endo, Mishima, Amado, Jankélévitch, Nietzsche, et tant d'autres...
Une trace sur le sol, une interpellation dans la rue, un article de journal, une photo, un sentiment, une sensation... tout est bon pour produire une image, un tableau dans mon cerveau...
Chaque tableau est un livre d'une seule page, une histoire, un souffle de vie figé à l'instant le plus intense et souvent il s'agit d'une tragédie.
Les couleurs choisies
dans une gamme chromatique définie en fonction du sujet à traiter doivent renforcer la situation vécue et abstraire tout autre détail inutile, seule la complémentaire est admise pour souligner le contraste (clair/obscure).
C'est pour cela que je travaille sur le plan comme un sculpteur : partant d'une masse sans forme, je projette le sujet en pleine lumière; une ombre, un regard, une main, des jambes, j'isole une partie du corps pour renforcer l'émotion et ainsi mettre en évidence, sans dispersion possible le sentiment ou la situation vécue.
La composition participe aussi à l'expression ainsi dans " la robe de mariée", le personnage entre tout juste dans le cadre et visiblement à contre coeur.(Vous pouvez, si besoin, redimentionner les fenêtres)
Je peins des sujets de "devoir de mémoire", comme les " Quais de Nantes" ou "
Rêver, c'est déjà ça" (titre emprunté à Souchon et très actuel) ou encore "
Amnésie", afin de ne pas oubler que dans les temps passés, présents et futurs de notre "Société de Verre", c'est la loi du "plus fort" et du "pouvoir" qui règne et s'impose en maître absolu.
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